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Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a évolué. La principale nouveauté concerne la méthode de calcul. L’électricité y est moins pénalisée qu’auparavant. Conséquence directe, près de 850 000 logements pourraient quitter le statut de passoire énergétique et ainsi échapper à l’interdiction de location prévue par la loi Climat et Résilience.
Cette réforme intervient dans un contexte particulier. Les premières Assises du diagnostic immobilier se sont tenues le 21 mai 2026, sous la présidence de Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement. Un signal fort pour la profession, qui confirme la place centrale du DPE dans les politiques de rénovation énergétique.
Voyons ensemble ce qui change concrètement pour les propriétaires, bailleurs et gestionnaires de patrimoine.
Qu’est-ce que le DPE et à quoi sert-il ?
Le diagnostic de performance énergétique, communément appelé DPE, évalue deux indicateurs essentiels d’un logement.
D’une part, sa consommation d’énergie, exprimée en kWh d’énergie primaire par m² et par an.
D’autre part, ses émissions de gaz à effet de serre, exprimées en kg de CO₂ par m² et par an.
Le résultat se traduit par une étiquette énergie allant de A (logement très performant) à G (logement très énergivore, ou passoire thermique).
Le DPE est obligatoire dans plusieurs situations. Il accompagne toute vente immobilière, toute mise en location, ainsi que certains dispositifs de rénovation énergétique.
Au-delà de l’obligation légale, ce document pèse lourdement sur la valeur d’un bien, son attractivité locative et les obligations de travaux imposées par la loi Climat et Résilience.
Pourquoi le DPE évolue-t-il en 2026 ?
L’ancien mode de calcul désavantageait les logements chauffés à l’électricité. Pour bien comprendre la nuance, il faut distinguer deux notions complémentaires.
L’énergie finale correspond à l’énergie réellement consommée dans le logement, celle qui apparaît sur la facture du fournisseur.
L’énergie primaire, elle, représente l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette énergie jusqu’au logement. C’est ici qu’intervient le fameux coefficient de conversion entre les deux.
Le changement clé, du coefficient 2,3 au coefficient 1,9
L’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel et applicable depuis le 1er janvier 2026, modifie le coefficient appliqué à l’électricité. Voici ce qui change concrètement.
Le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9. À consommation réelle identique, la consommation en énergie primaire affichée sur le DPE baisse donc d’environ 17 %. Les autres énergies ne bougent pas. Le gaz, le fioul et le bois conservent un coefficient de 1, avant comme après la réforme. L’électricité est la seule énergie concernée par cet arrêté.
Cette évolution rapproche la méthode française des standards européens.
La logique est simple. En France, l’électricité est largement décarbonée grâce au mix nucléaire et renouvelable. L’ancien calcul ne reflétait pas cette réalité et pénalisait artificiellement les logements à chauffage électrique. La nouvelle règle corrige ce déséquilibre méthodologique.
Prochaine étape, le coefficient 1,7 au 1er janvier 2027
La trajectoire est déjà tracée. Un nouvel arrêté du 31 août 2026 abaisse encore le facteur de conversion de l’électricité. Il passera de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027. Cette mesure s’inscrit dans le plan Électrification des usages présenté en avril 2026.
Le ministère précise qu’aucun logement ne verra son étiquette se dégrader. Les DPE réalisés avant 2027 bénéficieront de la même mise à jour gratuite via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
Pour les propriétaires et les gestionnaires de parc, la lecture est simple. Un bien encore classé F ou G après la réforme 2026 peut gagner une classe supplémentaire en 2027, toujours sans travaux.
Le calcul change, pas vos obligations. Le cadre du DPE avant vente ou location reste strictement identique.
Quels logements sont concernés par la réforme ?
La réforme touche en priorité les biens chauffés à l’électricité.
Cinq catégories de logements en bénéficient principalement :
- les appartements équipés de radiateurs ou convecteurs électriques ;
- les petits logements urbains (studios, T1, T2) ;
- les logements équipés d’une pompe à chaleur ;
- les logements collectifs construits entre les années 1970 et 1990 ;
- certains bâtiments tertiaires chauffés à l’électricité .
Concrètement, un appartement des années 80 chauffé exclusivement à l’électricité peut passer de F à E, parfois même à D, sans aucune modification du bâti. Le bénéfice provient uniquement de la nouvelle méthode de calcul.
Le chiffre clé
Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité pourraient sortir du statut de passoire énergétique (classes F ou G) grâce au nouveau coefficient, selon les estimations du Ministère de la Transition Écologique et de l’ADEME.
Attention toutefois, un logement mal isolé restera énergivore.
La réforme ne remplace pas les travaux de rénovation énergétique. Elle corrige uniquement un déséquilibre de calcul lié à l’électricité. L’isolation des murs, des fenêtres et de la toiture demeure le levier le plus efficace pour générer de véritables économies d’énergie.
Comment fonctionne le nouveau calcul du DPE ?
Le principe général du DPE reste inchangé. Le diagnostiqueur certifié continue d’analyser plusieurs caractéristiques techniques du logement.
- la surface habitable du logement ;
- l’isolation des murs, de la toiture et des planchers ;
- les menuiseries, c’est-à-dire fenêtres, portes et ponts thermiques ;
- le système de chauffage et la production d’eau chaude sanitaire ;
- le mode de ventilation.
Ces données permettent d’estimer la consommation annuelle d’énergie. Le changement de 2026 concerne uniquement la conversion de l’électricité en énergie primaire. Cette nouvelle méthode peut donc améliorer la classe énergétique sans aucune transformation physique du logement. Un point essentiel pour de nombreux propriétaires.
Faut-il refaire son DPE en 2026 ?
C’est sans doute la question la plus posée par les propriétaires et bailleurs depuis le début de l’année.
Bonne nouvelle, les DPE réalisés avant 2026 restent valables pendant 10 ans, conformément à la réglementation en vigueur. Un diagnostic établi en 2024 reste donc valable jusqu’en 2034. Aucun DPE n’est automatiquement invalidé par la réforme.
La mise à jour gratuite sans nouvelle visite
Pour tous les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 (méthode 3CL-2021), il est possible d’obtenir une attestation actualisée intégrant le nouveau coefficient de 1,9. Cette mise à jour est gratuite et ne nécessite aucune nouvelle visite du diagnostiqueur. Les données déjà enregistrées sont simplement recalculées avec le nouveau coefficient.
La démarche tient en trois étapes simples.
- Vérifier la validité de votre DPE (réalisé après le 1er juillet 2021, méthode 3CL-2021) ;
- Se connecter à l’Observatoire DPE de l’ADEME ;
- Télécharger l’attestation actualisée intégrant le nouveau coefficient, gratuitement et de manière immédiate.
Cette mise à jour gratuite est particulièrement intéressante pour les propriétaires de logements électriques classés F ou G. Ceux qui souhaitent vendre, louer ou échapper aux contraintes liées aux passoires énergétiques ont tout intérêt à effectuer la démarche rapidement.
Encore faut-il que le DPE soit éligible. S’il est expiré ou inexistant, un nouveau diagnostic s’impose et vous pouvez demander un devis en quelques minutes.
Quels impacts pour les propriétaires, bailleurs et gestionnaires de patrimoine ?
La réforme du DPE 2026 modifie significativement la perception de certains biens sur le marché immobilier. Les conséquences diffèrent selon que l’on parle de résidentiel ou de tertiaire.
Pour les propriétaires et le résidentiel
Quatre bénéfices concrets se dégagent :
- amélioration de la classe énergétique pour les logements électriques ;
- sortie possible du statut de passoire énergétique (F ou G) ;
- maintien sur le marché locatif grâce à la levée de l’interdiction de location ;
- meilleure valorisation à la revente et attractivité commerciale renforcée.
Pour les bailleurs sociaux et le tertiaire
Les bailleurs sociaux, syndics, foncières et gestionnaires de patrimoine tertiaire sont particulièrement concernés. Un parc de plusieurs centaines de logements peut voir une part significative de ses biens reclassés. Les conséquences sont nombreuses.
- révision des plans pluriannuels de travaux de rénovation énergétique ;
- réajustement des priorités d’investissement et d’arbitrage patrimonial ;
- mise en conformité facilitée avec le décret tertiaire (dispositif Éco-Énergie Tertiaire).
Pour autant, la rénovation reste un enjeu majeur. Un logement à faible efficacité énergétique continuera de générer une consommation réelle élevée et des inconforts thermiques. Le DPE reste avant tout un outil d’aide à la décision pour orienter les travaux. Encore faut-il que cette décision repose sur des données à jour.
Le DPE continue-t-il d’évoluer après 2026 ?
Le DPE n’est pas un outil figé. Il évolue régulièrement pour s’adapter aux politiques énergétiques et aux réalités techniques du bâtiment. Plusieurs évolutions ont déjà été mises en place ces dernières années :
- renforcement des contrôles qualité ;
- amélioration de la formation et de la certification des diagnostiqueurs ;
- fiabilisation des méthodes de calcul (méthode 3CL-2021) ;
- meilleure prise en compte des bâtiments atypiques et du tertiaire.
Le signal des premières Assises du diagnostic immobilier
Évoquées en introduction, ces Assises ont fixé quatre priorités claires pour la profession, à savoir la fiabilité des diagnostics, la formation des diagnostiqueurs, le renforcement des contrôles et la poursuite des évolutions du DPE.
Le message est clair. Le diagnostic immobilier devient un pilier des politiques de rénovation énergétique. Pour les professionnels comme pour les propriétaires, cela signifie des exigences accrues, mais aussi une plus grande fiabilité des résultats et une meilleure reconnaissance du métier.
L’accompagnement BTP Diagnostics
La réforme du DPE 2026 ouvre de nouvelles opportunités pour les propriétaires, bailleurs et gestionnaires de patrimoine. Chaque situation reste toutefois spécifique et nécessite une analyse au cas par cas par un diagnostiqueur certifié.
Chez BTP Diagnostics, nous accompagnons l’ensemble des acteurs de l’immobilier.
- particuliers, propriétaires et acquéreurs
- bailleurs sociaux et privés
- syndics de copropriété
- gestionnaires de patrimoine et foncières
- acteurs du tertiaire et de l’industrie
Nos diagnostiqueurs certifiés interviennent sur l’ensemble des diagnostics réglementaires. Cela comprend le DPE, l’audit énergétique, l’amiante, le plomb, les diagnostics avant travaux ainsi que les diagnostics tertiaires et patrimoines complexes.
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